Les bases du flash déporté

L’usage des flashes en photo peut sembler décourageant lorsque l’on débute. Utiliser le flash intégré de l’appareil sans précaution provoque la joie de cramer le premier plan et de faire ressembler vos sujets à de joyeux lapins albinos :) . L’ajout d’un flash additionnel (aussi appelé flash de reportage) sur votre appareil peut vous aider : il est plus puissant que le flash intégré, la taille de la zone de diffusion est plus grande que celle du flash intégré et il peut être orientable pour vous permettre d’utiliser les murs ou le plafond comme réflecteurs. Cependant, le flash monté sur l’appareil n’est toujours pas la meilleure des solutions du fait qu’il soit proche de l’axe optique provoquant l’effet yeux rouges et des ombres dans l’axe modèle / appareil.

C’est pour répondre à toutes ces problématiques que l’usage des flashes déportés est préconisé. Rien de nouveau dans le fait de déporter le flash vis-à-vis de l’appareil : souvenez vous des photographes des années 40 avec leur flash torche.

Le principe est simple (même si la technologie qu’elle nécessite peut être complexe) : il s’agit d’utiliser un ou plusieurs flashes additionnels mais déportés vis-à-vis de l’appareil, c’est-à-dire non connecté directement à ce dernier afin de s’éloigner de l’axe optique ou tout simplement afin d’apporter de la lumière là ou elle ne peut aller si le flash reste monté sur l’appareil.

Le pilotage des flashes, c’est-à-dire le déclenchement de ces derniers, peut être assuré par différentes techniques suivant le mode de connexion utilisé :

  • par câble ;
  • par infrarouge ou autre signal lumineux ;
  • par signal radio.

Ensuite, tout dépend du mode de réglage du flash : manuel ou e-TTL.

En mode manuel, on spécifie la puissance du flash lors de son réglage et à chaque impulsion de déclenchement, le flash se déclenchera avec cette puissance qui a été spécifiée.

En mode e-TTL le principe est un peu plus complexe. Dans ce cas, c’est sur la base d’un dialogue entre l’appareil photo et les flashes que la puissance de chacun est calculée en fonction de ce que voit l’appareil (en fonction de ce qui passe au travers de l’objectif Through The Lens TTL) :

  • l’appareil ordonne un pré-déclenchement ;
  • les flashes déclenchent un pré-éclair ;
  • l’appareil calcule la puissance qu’il perçoit de chacun des flashes et leur indique en retour quelle puissance ils doivent utiliser pour l’éclair final ;
  • les flashes déclenchent leurs éclairs en fonction de ce que l’appareil leur a indiqué.

Tout cela se déroule en quelques millisecondes ce qui passe souvent inaperçu.

Les points qu’il faut retenir de ces 2 modes de fonctionnement sont les suivants :

  • lorsque les flashes sont positionnés en mode manuel, ils délivreront toujours la même puissance ;
  • lorsque les flashes sont positionnés en mode e-TTL, leur puissance est fonction de  ce que voit l’appareil au travers de l’objectif. Ainsi, suivant le cadrage que vous réalisez, il est possible que vous n’obteniez pas le même éclairage d’une photo à l’autre.

Utilisation de la connexion par câble :

Cable_synchro La connexion par câble est équivalente au fait de mettre le flash directement sur l’appareil. La seule différence est que le flash peut être éloigné de l’axe optique de votre appareil évitant ainsi l’effet yeux rouges ou les ombres trop marquées juste derrière votre sujet.
L’usage de la connexion par câble peut être très pratique : tenez l’appareil d’une main, le flash de l’autre et voilà. Seul inconvénient, le fait d’avoir ce fil à la patte !

Dans beaucoup de situations, une seule source de lumière suffit. Par conséquent, cette méthode peut répondre à beaucoup de besoins pour une somme dérisoire. Optez pour un câble d’une longueur adaptée : 1m ou 3m sont largement suffisant.


Utilisation de la connexion lumineuse ou IR :

Flash Sans Fil Canon La connexion par signaux lumineux permet de s’affranchir du fameux fil à la patte. Ici on parlera de maître / esclave respectivement pour les entités qui pilotent (envoie d’ordres) et qui sont pilotées (réception d’ordres).
Plusieurs solutions existent se basant sur cette méthode :

  • Flash Intégré : l’appareil peut être capable de piloter les esclaves via le flash intégré s’il en possède un (certain Nikon et le Canon EOS 7D en sont capables) ;
  • Flash Maître : un flash peut être monté sur l’appareil (dit flash maître) qui pilotera les flashes esclaves. Cette méthode à l’inconvénient de mobiliser un flash monté sur l’appareil pour le pilotage des esclaves alors que potentiellement cette source de lumière ne sera pas utilisée (rappelez vous : on cherche souvent à éviter la source proche de l’axe optique). Attention tous les flashes ne peuvent être maître … renseignez vous sur votre matériel (chez Canon seuls le 580 EX et 580 EX II peuvent être maître) ;
  • Emetteur dédié : un équipement dédié peut servir de maître en étant connecté sur l’appareil (monté directement dessus ou par câble). Dans ce cas il ne s’agira pas d’un flash mais d’un équipement dédié à l’émission des ordres en IR tel le Canon ST-E2 ou le Nikon SU-800

Dans ce mode de fonctionnement, quelque soit la méthode (flashes en mode manuel ou e-TTL), la communication entre le maître et les esclaves se fait par signaux lumineux.

Flash_On_Camera0
L’usage de cette technique est simple. Elle offre la possibilité de piloter plusieurs flashes le plus souvent répartis sur 1, 2 ou 3 zones.

Les seuls inconvénients :

  • la nécessité d’avoir une ligne de vue dégagée entre maître et esclaves pour que le maître puisse envoyer ses instructions aux esclaves (on ne passe pas au travers des murs) ;
  • la portée « limitée » à une 15aine de mètres pouvant être incompatible avec de la photo de sport ou en extérieur ;
  • le manque de fiabilité en extérieur par grand soleil où les signaux lumineux peuvent être noyés dans la lumière du soleil. Symptômes : vos flashes ne se déclenchent pas à chaque fois.

Hormis les situations exceptionnelles (distance entre appareil et flashes, conditions de prise de vue en plein soleil, ligne de vue impossible entre maître et esclaves), l’usage de la technologie lumineuse est relativement fiable. Certains appareils disposent d’un flash intégré pouvant jouer le rôle de maître (Canon EOS 7D, Certains DSLR Nikon, …) et sont donc capables de piloter les esclaves. Les appareils qui ne disposent pas de cette capacité doivent compter sur l’usage d’un flash additionnel ou d’un émetteur dédié (tel le ST-E2 ou le SU-800 dont on a parlé précédemment).

Suivant les équipements, la communication se fait par signaux lumineux standards (directement issus du flash – intégré ou flash maître) ou par infra-rouge (Canon ST-E2 ou Nikon SU-800). Il arrive par conséquent que, dans le premier cas, on perçoive ce signal lumineux surtout lors des poses longues en second rideau. Cependant, ces signaux lumineux ne doivent pas influencer l’image final (sauf si vraiment la source est proche du sujet).


Utilisation de la connexion radio :

La connexion radio est le mode ultime de communication, il permet de s’affranchir des limitations précédentes à savoir:

  • le fil à la pate lié à l’utilisation de câbles de connexion ;
  • les problèmes de portée et d’environnement lié à l’usage IR ;
  • les problèmes de nécessité de ligne de vue entre maître et esclaves ;

Cependant attention, il existe de tout dans le monde des transmetteurs radios ! On en trouve pour quelques dizaines d’euros sur eBay et d’autres pour plusieurs centaines d’euros pièces pour des grandes marques telles que Pocket Wizard ou Radio Popper. Malheureusement la qualité des équipements radio est très souvent proportionnelle au prix auxquels ont les trouve. Les équipements bas de gamme disponibles sur eBay ont une portée relativement réduite (15m maxi de ce que j’ai pu testé – idéal en studio mais pas en extérieur) et ne déclenchent pas à tous les coups. De plus sur certains couples boitier/déclencheur on peut constater des latences au déclenchement. Mais les choses changent très vite avec les fabriquants asiatiques … il se pourrait que des équipements de qualités sortent un jour. Les grandes marques quant à elles offrent des portées bien supérieures et déclenchent à 99,9% des coups. Je reviendrai un peu plus tard sur les 2 concurrents que sont Pocket Wizard et Raddio Popper.

A l’heure actuelle, 99% des déclencheurs radios sont des déclencheurs simples, servant uniquement à transmettre une impulsion de déclenchement de flash. Dans ce cas, les flashes sont réglés en mode manuel et dès réception de l’impulsion, ils se déclenchent.

Certains déclencheurs radios (Pocket Wizard et Radio Poppers) permettent de transmettre les informations e-TTL tout comme avec une connexion directe, une connexion par câble ou une connexion IR. Sans rentrer dans les détails (une page dédiée aux transmetteurs radios sera mise en place par la suite), les Pockets Wizard sont vus comme des câbles virtuels reliant l’appareil aux flashes (les signaux électriques issus de l’appareil sont directement convertis en signaux radios jusqu’aux récepteurs et inversement) tandis que les Radio Poppers fonctionnent en coupure (ils interceptent les signaux lumineux pour les transformer en signaux radio et inversement sur la cible – tout du moins c’est le fonctionnement employé à l’heure de la rédaction de cette page).


L’essentiel : modeler la lumière

Tout est dans le titre : l’important est de modeler la lumière ! Ce n’est pas parce que vous utilisez des flashes additionnels que vous ne devez pas faire attention à ce que vous faites de votre lumière. C’est d’ailleurs à cause de cela que l’usage des flashes additionnels et si souvent boudé : à cause de la « qualité » de lumière qu’ils procurent. Or, bien contrôlée, cette lumière peut vraiment être belle ! En photo de studio, on utilise des réflecteurs et des diffuseurs, il suffira de faire de même avec nos flashes additionnels.

On trouve tout un tas de matériel pour modeler la lumière produite par les flashes additionnels : des boites à lumière, des parapluies, des réflecteurs, des snoots, … exactement comme en studio. La seule différence réside dans la taille de la source. En studio, on travaille avec des sources de grandes tailles, relativement puissantes. Ici, vous aurez droit à des sources de plus petites tailles et moins puissantes vous imposant de multiplier le nombre de flashes à utiliser pour compenser ces manques ou de travailler de façon précise avec votre lumière (prendre soin de mixer la lumière ambiante et la lumière produite par vos flashes). Mais garder en mémoire que même avec un seul flash il est possible de faire de belles photos : ne courrez pas de suite après un nombre d’équipements digne d’un pro ! Un flash et un diffuseur / réflecteur peut vous permettre de sauver bien des images qui aurait pu être catastrophiques sans ça.

Si vous n’avez pas de matériel particulier sous la main, regardez autour de vous !! En intérieur, utilisez murs et plafond en tant que réflecteurs. Optez pour un diffuseur de type Lastolite (ou un simple drap blanc) afin d’adoucir les ombres portées par le flash.

Un réflecteur a pour but de dévier la lumière offrant ainsi une source secondaire bien plus grande que la source primaire mais moins puissante. Attention cependant, la lumière sera réfléchie par ce réflecteur, prenant la teinte de ce dernier s’il n’est pas blanc.
Le diffuseur quant à lui à pour but de diffuser (of course) la lumière offrant une source secondaire un peu plus grande mais surtout beaucoup plus douce : les ombres sont moins marqués qu’avec un réflecteur ou en lumière directe.

Ci-dessous quelques façonneurs de lumière professionnels pour les flashes additionnels (mais n’oubliez pas qu’il est possible de les faire vous-même !!!) :

Boite à lumière

softbox01

softbox02

softbox03

Réflecteur

Parapluie

LUMIQUEST REFLECTEUR POCKET

lastolite-kit-parapluie-studio

lastolite-TriFlash

4 Responses to “Les bases du flash déporté”
  1. Jacks-Pixels.com » Blog Archive » Début des formations aux flashes … Says:

    [...] fameuse page se trouve ici et accessible directement dans le menu de navigation du site sur la [...]

  2. transmeteur radio plus besoin de maitre-esclave ? - EOS-Numerique Says:

    [...] [...]

  3. Photo au flash: le flash déporté | Emmanuel GEORJON Says:

    [...] Les bases du flash déporté chez Jack Pixels, [...]

  4. Douglas Says:

    Interessant et très compréhensible, bien écrit et utile!

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